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Postée le: 
02/03/2020

Chères consoeurs, chers confrères,

Je souhaitais, cette semaine, me faire écho de l’actualité pour vous présenter deux nouvelles formations que le Gema propose pour 2020 : la première porte sur les soins palliatifs et la prise en charge des douleurs, la seconde traite d’éthique. Je me suis basé sur des articles du 10 février de l’AFP et du Monde, principalement, pour ce qui est du sujet d’actualité.

Pour la plupart d’entre vous, je pense que vous avez lu ou entendu en novembre dernier la triste affaire de provisoire interdiction d’exercer la médecine pour un confrère de Seine-Maritime. Ce médecin de 65 ans a été mis en examen pour « administration de substance nuisible ayant entraîné la mort, sans intention de la donner », après que cinq personnes âgées sont décédées en 2017, suite à l’utilisation du midazolam, molécule réservée à un usage hospitalier et obtenue de manière irrégulière. Clairement, il a été accusé d’euthanasie et a reçu le soutien de plusieurs centaines de médecins ayant signé une pétition (« moi aussi, j’ai aidé des patients à mourir »). Ce généraliste normand, « rompu aux soins palliatifs depuis très longtemps », a enfreint les règles : usage de molécule hors cadre autorisé et absence de collégialité. Mais a-t-il eu tort ou raison avant tout le monde ? 

Début janvier, 2020, dans le texte de la pétition, publié à l’initiative de la Fédération des médecins de France, les professionnels de santé libéraux réclamaient d’avoir « les mêmes droits que leurs collègues hospitaliers, dans le cadre de la loi Leonetti, sans risquer de se faire interdire d’exercice ».

Ce mois-ci, lundi 10 février, pour être plus précis, cette nouvelle est arrivée jusqu’à mes oreilles : « La Haute Autorité de santé demande aux pouvoirs publics de permettre la dispensation en ville du midazolam, ce puissant sédatif utilisé dans la mise en œuvre des sédations profondes et continues jusqu’au décès ». J’ai appris la nouvelle par une radio locale qui me demandait une interview. En effet, la journaliste était au courant que le Gema proposait deux formations qui collaient à cette actualité :

  • Soins palliatifs et douleurs
  • Prise en compte des principes éthiques dans les pratiques professionnelles, notamment face à la souffrance, à la fin de vie ou encore à l’obstination déraisonnable. Comment donner du sens à son exercice, respecter les patients et sa propre pratique ?  

Cette recommandation de la Haute Autorité de Santé (HAS) va dans le sens de la loi Claeys-Leonetti (février 2016) qui autorise, en théorie, la « sédation profonde et continue » à domicile jusqu’au décès, pour les malades en phase terminale, pour soulager les souffrances inutiles, notamment après l’arrêt des traitements, en cas « d’obstination déraisonnable » ou en cas d’impasse thérapeutique. Mais les traitements utilisés pour la mettre en œuvre restaient très difficiles d’accès hors de l’hôpital.

Répondant du tac au tac à cet appel de la HAS, le ministère de la Santé a annoncé, ce même lundi 10 février, que le midazolam sera disponible d’ici quatre mois dans les pharmacies de ville pour les « médecins qui prennent en charge des patients en fin de vie à leur domicile ».

Pour permettre sa dispensation, l’Agence du médicament va procéder à une modification de son autorisation de mise sur le marché (précision d’Agnès Buzyn dans son communiqué).

Afin d’accompagner les médecins généralistes dans la prescription du midazolam, la HAS fournit aux médecins un « mode d’emploi » du médicament : quelles sont les différentes étapes ? Comment établir la bonne dose à administrer pour « suspendre la conscience » mais sans provoquer le décès ? La HAS rappelle toutefois que son guide « Parcours de soins », paru en 2018, prévoit de respecter l’obligation de collégialité qui précède l’administration du midazolam : en organisant une réunion avec une équipe de soins palliatifs pluriprofessionnelle (par téléphone si besoin) et en faisant intervenir l’avis d’au moins un médecin extérieur.

Cette réponse positive était attendue par nombre de médecins généralistes, amenés à prendre en charge des patients en fin de vie à domicile. Des personnalités comme Didier Sicard, l’ancien président du Comité consultatif national d’éthique, avaient également plaidé la nécessité de faciliter l’accès au midazolam qui n’est pas, avait rappelé ce dernier, « un médicament euthanasique », mais un « médicament qui soulage parfois jusqu’à la mort ». « Si on ne donne pas les moyens aux médecins de ville de [le] prescrire, alors on fragilise la loi [de 2016 sur la fin de vie]. On la vide d’une grande partie de son intérêt », avait estimé dans un entretien au Monde Véronique Fournier, la présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie.

Pour revenir à nos deux formations (Soins palliatifs et douleurs ; Prise en compte des principes éthiques dans les pratiques professionnelles, notamment face à la souffrance, à la fin de vie ou encore à l’obstination déraisonnable. Comment donner du sens à son exercice, respecter les patients et sa propre pratique ?), nous allons vous les présenter plus en détail, avec leur contenu précis, pour ceux qui seraient susceptibles d’être intéressés.

Nous vous remercions pour votre lecture et pour votre confiance.

 

Dr Simon LATAPIE

Pôle pédagogique et scientifique du Gema

 

Soins palliatifs et douleurs  

 

Prise en compte des principes éthiques dans les pratiques professionnelles  

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